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Les archéologues inquiets pour leur avenir

Les archéologues inquiets pour leur avenir

photo selon les archéologues, les services régionaux de l'archéologie ont de plus en plus de mal à assurer leurs missions. © archives ouest-france

Selon les archéologues, les services régionaux de l'archéologie ont de plus en plus de mal à assurer leurs missions.© Archives Ouest-France

Des spécialistes des fouilles et des diagnostics préventifs du département ont manifesté mardi dernier, à Paris.

« Quand des secteurs, des communes ou des projets échappent aux diagnostics archéologiques, ce sont autant de vestiges ou de sites qui sont irrémédiablement détruits », alerte Martin Pithon, archéologue à l'Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap).

Mardi 2 décembre, à Paris, ils étaient un millier comme lui, archéologues venus de toute la France, pour faire entendre leur colère à la ministre de la Culture et de la communication, Fleur Pellerin. En jeu, l'avenir d'une profession qu'ils jugent menacée par plusieurs facteurs.

La redevance d'archéologie préventive tout d'abord : destinée à financer les diagnostics archéologiques, celle-ci pose, selon les archéologues, de gros problèmes de recouvrement.

Deuxième grief à l'encontre du gouvernement actuel, celui portant sur une mesure de « simplification » qui remplacerait les moyens éprouvés et classiques du diagnostic archéologique par des techniques alternatives. « On peut logiquement douter qu'il existe de telles techniques susceptibles de rendre un meilleur diagnostic que le regard et la pratique d'un archéologue », souligne Martin Pithon.

Enfin, les archéologues en colère ont dénoncé une ouverture à la concurrence mal maîtrisée. Un constat partagé par Daniel Prigent, du service archéologique de Maine-et-Loire, qui concourt à la mise en oeuvre de la politique du conseil général : « Dans l'Ouest, des opérateurs privés qui n'intervenaient pas jusqu'alors dans la région, ont créé des antennes, et obtenu une part notable des marchés de fouille. »

Pour Martin Pithon, qui s'est occupé de nombreuses fouilles dans le Maine-et-Loire, cela tend à dégrader les conditions de travail de l'ensemble des personnes « qui oeuvrent quotidiennement à la sauvegarde du patrimoine enfoui et à sa restitution au plus grand nombre ».

 

 

Benoît ROBERT.   Ouest-France